Gestion déléguée: Ozone exporte son expérience au Soudan

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Pour Aziz El Badraoui, PDG du groupe Ozone Environnement et Services, «la dynamique du continent est promise à une forte croissance». Ici, il signe un contrat de gestion déléguée des services de propreté de la ville de Khartoum (Soudan) (Ph. Ozone)

Tenté par l’investissement en Afrique, le groupe Ozone Environnement et Services vient de signer un contrat de gestion déléguée des services de propreté de la ville de Khartoum (Soudan). «Cet accord porte sur la collecte des ordures ménagères, le balayage manuel et mécanique des voies et des places publiques, ainsi que l’évacuation des déchets (collectés dans la capitale soudanaise) dans la décharge publique», souligne Aziz El Badraoui, PDG du groupe. Et d’ajouter: «Nous avons mis les premiers jalons d’un projet global de la gestion des déchets de toute la wilaya de Khartoum qui comprend sept villes (Khartoum, Bahri, Oum Dormane, Cherk Nil, Oum Bedda, Karari et Jabal Al Awliyae), soit une population de 8 millions d’habitants avec un volume journalier à collecter de plus de 5.000 tonnes».

En effet, le premier contrat, avalisé entre le groupe marocain et la ville de Khartoum, n’est qu’une première phase d’un contrat global signé l’année dernière avec le gouvernement soudanais. Selon le management d’Ozone, «le contrat de gestion avec le Soudan s’étale sur une durée de 7 ans renouvelable et prévoit un investissement de l’ordre de 12 millions de dollars dès la première année d’exercice». Côté recettes, les services du délégataire devront lui rapporter une enveloppe globale annuelle estimée 26 millions de dollars (HT), dont 2,8 millions de dollars rien que pour la ville de Khartoum.

Mais avant de démarrer son activité, l’entreprise investira 3,9 millions de dollars dans l’acquisition de 30 véhicules d’exploitation (bennes, camions, balayeuses mécaniques…). Elle embauchera également 320 personnes de Khartoum qui bénéficieront d’un encadrement marocain (22 cadres). Pour les responsables de la ville de Khartoum, le choix du groupe Ozone Environnement et Services n’est pas fortuit.
En fait, l’entreprise occupe actuellement la première place dans le secteur de la gestion des déchets solides au Maroc. Des performances que l’entreprise a mis au profit du Mali, il y a plus de deux ans. Pour rappel, le contrat de gestion déléguée des services de propreté de la capitale malienne est d’une valeur annuelle de 15 millions d’euros, et s’étend sur une durée de 8 ans. D’ailleurs, l’ambition de conquérir le marché africain ne date pas d’hier chez Ozone Environnement et Services.

Pour son PDG, les accords de coopération, avalisés lors des tournées royales en Afrique, permettent au secteur privé de se greffer au cadre général d’entente pour réaliser des partenariats win-win. C’est dans cet esprit que son entreprise encourage des partenariats sud-sud. Le marché africain est juteux, notamment dans le domaine de la gestion du ramassage des ordures où le savoir-faire marocain a montré ses compétences ces dernières années. «Nous avons signé, en 2014, deux conventions cadres pour l’évacuation, la gestion et la valorisation des déchets dans les villes de Bamako (Mali) et de Conakry (Guinée Conakry), respectivement avec Abdoulaye Idrissa Maïga, ministre malien de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement, et Hadja Kadiatou N’Diaye, ministre guinéenne de l’Environnement, des Eaux et des Forêts», rappelle El Badraoui.

Pour son marché africain, l’entreprise compte offrir des solutions nouvelles d’organisations inédites, d’analyses du comportement des citoyens, mais aussi un schéma de collecte construit selon les besoins particuliers et qui passe par le porte-à-porte, des points de proximité, de l’apport volontaire et un réseau de déchèteries. «Notre priorité est de valoriser et de partager notre savoir-faire et notre expertise dans l’assainissement solide avec nos pays frères africains. Notre entreprise se charge, dans un premier temps, de la gestion du ramassage des ordures dans les principales capitales, comme expériences pilotes, avant d’étendre son activité dans d’autres villes africaines», conclut le PDG d’Ozone.

43 villes marocaines

«Ozone, riche de son expérience dans quelque 43 villes du Royaume, accompagne la vision royale et cherche aussi un intérêt économique certain en Afrique», estime El Badraoui, pour qui «le peuple africain mérite un environnement citoyen propice au développement humain et conforme aux standards internationaux». Sa société a gagné la confiance de plusieurs collectivités locales, telles Fès, Rabat, Bouznika, Benslimane, Oualidia, Saïdia, Laâyoune, qui lui ont confié la gestion de leurs déchets ménagers. Créée il y a 10 ans avec un effectif de quatre techniciens de surface, Ozone se fraye, depuis quelques années, un chemin dans la gestion déléguée de la propreté publique. Cette entreprise 100% marocaine, certifiée ISO 9001, ISO 14001 et OHSAS 18001, emploie aujourd’hui plus de 5.000 salariés au Maroc et 1.500 à Bamako et dispose de plus de 700 engins. Elle est liée aux collectivités locales avec des contrats de longue durée (7 ans pour la majorité), à l’écoute, et met les moyens qu’il faut pour réussir sa mission partout où elle opère. «C’est notre recette du succès», confie son management.